28.11.2012 - UNESCO Office in Dakar

42% des enfants africains abandonnent l’école avant d’achever le primaire

Plus d'enfants africains commencent à l'école, mais beaucoup entre eux bandonnent prématurément © UNESCO/Anne Müller

Les pays d’Afrique sub-saharienne réalisent des progrès réguliers en éducation. Cependant bon nombre d’enfants abandonnent l’école sans être capable de lire et écrire correctement. La dernière édition du Recueil mondial des données sur l’éducation révèle un taux d’abandons le plus élevé en Afrique. 42% des écoliers africains quittent l’école de façon précoce (1/6 d’entre eux avant la 2e année du primaire).

Cela signifie que plus 2/5 n’atteignent pas la dernière année de scolarité en primaire.

Les données dans le Recueil montrent que les systèmes scolaires accueillent davantage d’enfants mais en perdent aussi en raison des inefficacités qui induisent des redoublements et des abandons précoces” a déclaré Hendrik van der Pol, Directeur de l’Institut des Statistiques de l’UNESCO (ISU). “Il est bien plus difficile et onéreux d’accéder aux enfants quand ils ont quitté l’école que de s’attaquer aux obstacles et goulots d’étranglement dans le système.”

Taux de redoublement élevés 

Intitulé Opportunities Lost: The Impact of Grade Repetition and Early School Leaving, le Recueil présente un large éventail de données et d’indicateurs de l’Institut des Statistiques de l’UNESCO.

Il montre qu’ein 2010, 11.4 millions d’enfants ont redouble leur classe dans le primaire en Afrique subsaharienne, ce qui correspond à plus d’1/3 du chiffre total au niveau mondial.

Le taux de redoublement au niveau de la région chute sensiblement de 11% à 9% entre 2000 et 2010, même si les systèmes éducatifs ont peiné pour offrir l’éducation à une population en âge scolaire en augmentation.

Ce progrès est clairement refleté au niveau national:

En 1999, 15 pays africains avaient des taux de redoublement supérieur à 20%. Ils n’étaient plus que 6 dans cette situation en 2009.

Les pays suivants ont réduit leur taux de redoublement de plus de 10% depuis 1999: Cameroun, Congo, Ethiopie, Madagascar, Mozambique et Rwanda.

Les taux de redoublement on baissé de 4% ou plus en Ethiopie, Ghana, Maurice, Niger et en République Unie de Tanzanie

Ces taux de redoublement au primaire restent, par contre, très élevés au Burundi (36%), Togo (23%), Tchad (23%), République Centrafricaine (23%), et Congo (23%).

Les ménages, déterminant du succès dans l’éducation

Un bon nombre d’enfants qui redoublement des classes finissent par quitter l’école avant la fin du primaire. Les taux d’abandon sont élevés au Tchad (72%), en Ouganda (68%) et en Angola (68%), où plus de 2/3 de ceux qui commencent l’école la quittent avant d’accéder à la dernière année du primaire. Les taux d’abandon les plus bas à Maurice (2%) et au Botswana (7%).

Dans les pays tels que le Burundi ou le Togo, un enfant qui commence l’école aujourd’hui peut espérer d’y rester pendant deux ou trois en redoublant une fois. Concernant le Burundi, si les ressources consacrées aux redoublements étaient investies dans la scolarisation de nouveaux élèves, le produit intérieur brut (PIB) du pays pourrait progresser de 1,3 % par an, selon le Recueil.

Au niveau mondial, on a estimé que chaque année de scolarisation (sans redoublement) dont bénéficie un enfant peut faire progresser ses revenus personnels de 10 % et faire augmenter le PIB mondial de 0,37 % par an. Selon les données, les facteurs les plus importants influant sur les opportunités éducatives sont les revenus du ménage et sa situation géographique.

En général, les enfants pauvres qui vivent dans des régions rurales sont plus susceptibles de redoubler et de quitter l’école avant d’avoir achevé des études primaires et d’avoir acquis des compétences de base que les enfants citadins appartenant à des ménages aisés.




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